12/06/2008PRESSE "MILIEU" - "PRESSES MILIEUX""Le journal, au lieu d'être un sacerdoce, est devenu un moyen pour les partis; de moyen il s'est fait commerce, et comme tous les commerces, il est sans foi ni loi. Tout journal est une boutique où l'on vend au public des paroles de la couleur dont il veut. S'il existait un journal des bossus, il prouverait soir et matin la beauté, la bonté, la nécessité des bossus. Un journal n'est plus fait pour éclairer, mais pour flatter les opinions. Ainsi tous les journaux seront, dans un temps donné, lâches, hypocrites, infâmes, menteurs, assassins. Ils tueront les idées, les systèmes, les hommes, et fleuriront par cela même. Ils auront le bénéfice de tous les êtres de raison: le mal sera fait sans que personne en soit coupable".
Honoré de Balzac
Têtu, PREF, et tant d'autres...
La liberté est un combat! 19/06/2007Ténors...contre-ténors (suite...et fin...l'...ouf!)(Donizzetti en fit une version italienne intitulée "Una furtiva lagrima", nettement moins humide).
"Réponds à ma tendresse": un duo entre Samson et Dalila attribué par erreur à Camille Saint Saëns, alors qu'il s'agit bien sûr d'un extrait de "La Voix humaine", la célèbre tragédie téléphonique de Poulenc. Nos lecteurs voudront bien rétablir la version originale, c'est à dire le monologue de Dalila, dont voici la (contre) teneur: "Allô! Oui... Non... Hier soir?... Oui ... Oui... Allô!... Allô!... Réponds!... Réponds je t'en prie! Réponds à ma tendresse!... Je t'aime!... Je t'aime!... Et si tu ne m'aimes pas, je t'aime, et si je t'aime, prends garde à toi!" De nombreux commentateurs ont souligné l'insoutenable densité dramatique de cette scène; un autre musicien français se crut même obligé d'en reprendre encore un peu, et d'intituler ceci "Habanera": pourtant, de nos jours, cette chanson connaît encore un certain succès, notamment près des remparts de Séville, où elle fait toujours son petit effet dans les soirées karaoké chez mon ami Lilas Pastia.
"Je suis grise" est une pitrerie due à un allemand d'opérette qui n'a vraiment pas sa place dans un programme sérieux comme celui-ci. Cette pièce sera supprimée au prochain retirage.
Plus près de nous, les compositeurs de l'Ecole de Vienne trouvèrent dans le registre de contre-ténor des ressources insoupçonnées. A cet égard, il est utile de rappeler la genèse de la célèbre chanson "O Sole mio". Alors qu'il déjeunait un jour avec Manon Gropius, Alban Berg en vint à évoquer un projet de lied dodécaphonique pour contre-ténor: "Ich möchte eine moderne Fassung von La Truite schreiben, aber ohne Forelle" (Manon Gropius, "Mémoires d'un ange", op. posth.). En voici la traduction exacte: "J'aimerais bien une truite un peu plus fraîche que la dernière fois... Et si je prenais une sole?". Hélas! Grand amateur de schnaps, Berg oublia tout cela dès le lendemain, et ce n'est que sur son lit de mort que lui revint l'ambitieux projet. Il eut un cri de désespoir horrible; on l'entendit jusqu'à Naples où, traduit, il devint le titre de la chanson.
Par un premier avril ordinaire, celle-ci fut intégrée dans un opéra-bouffe.
Dr. ISIDORE MAQUEREAU
(alias Andréas SCHOLL - Dominique VISSE - Pascal BERTIN)
NDLR: Cette collection de pièces sublimes est épuisée, comme le rédacteur. Toutefois, chez votre disquaire trouverez-vous peut-être l'immortel enregistrement:
"Les Contre-Ténors - The Countertenors"
Harmonia mundi 1995
Les Contre-Ténors...à leurs amis ténors!"Beaucoup de sottises ont circulé à propos des contre-ténors: certaines personnes croient encore que le terme désigne en fait les anti-ténors, d'autres confondent même contre-ténor et haute-contre. Il suffit pourtant d'écouter: un contre-ténor est un homme dont la merveilleuse voix de fausset soulève les foules, alors qu'une haute-contre est une grosse dame dont les aigus soulèvent la réprobation...
Le terme apparaît au XIVème siècle: à cette époque, lassé par l'éternelle querelle qui opposait les écoles de chant des cours papales de Rome et d'Avignon sur la manière de concevoir la voix de ténor dans les motets du manuscrit de Montpellier, un certain Philippe de Vitry décida de contourner l'obstacle en créant une voix nouvelle, qui s'opposerait à la fois aux bêlements du ténor à l'italienne et au pédantisme du teneur à la française: ainsi naquit le contre-ténor (et accessoirement l'Ars Nova).
Vitry, sur scène, donna l'exemple: à la place des rodomontades hystériques du ténor obsolète, s'élevait le chant des anges. Passée en voix de tête, une voix masculine se détournait des passions viles du coeur pour devenir l'instrument du cerveau créateur. De cette étincelle divine, il ne restait plus qu'à récolter les fruits.
Ceux-ci ne se firent pas attendre: dès 1557, Léonardus, maître de la Renaissance plus connu sous un autre nom dans le Nouveau Monde où il avait mis au point quelques comédies madrigalesques du meilleur goût, conçut un merveilleux Ave Maria dont voici la version originale pour trois contre-ténors, chantée en anglais, comme à sa création dans les quartiers ouest de New York, pour la petite histoire.
Un peu plus tard,c'est un chanteur de cour d'origine italienne, le ténor Francus, surnommé "Il Maestro della Seduzione", qui voulut sacrifier à la mode de la langue anglaise. Mais il s'empressa d'ajouter qu'il l'avait fait à sa façon: "I did it my way", (sic). "Comme d'habitude!", s'exclama le contre-ténor Claude de France, indigné par ce qu'il considérait comme un plagiat. Bien décidé à ne pas se laisser faire, Francus répliqua à son tour en écrivant une autre chanson en guise d'auto-défense, "White as Lilies" ("Etranger dans la nuit, je suis blanc comme neige au soleil"), dont l'entraînante rythmique post-boulézienne n'échappera pas à l'auditeur.
Ainsi a commencé l'affaire "ténor contre-ténor" dont les effets furent désastreux: de la spiritualité flamboyante où l'avait conduit Vitry, le répertoire pour contre-ténor ne cessa de plonger vers la chair faisandée des oeuvrettes de l'arrière-scène baroque. Par souci d'exhaustivité, nous avons quand même tenu à représenter cette triste période à travers trois extraits d'opéras français, dont "Le Cid" de Massenet.
"Pleurez mes yeux", c'est la longue plainte lachrymale de Chymène devant Rodrigue résolu à l'émincer dans un champ d'oignons, dans l'espoir improbable de la faire revenir. 02/06/2007homme libreLe Cardinal Lustiger
Cet homme libre, complexe, tourmenté et fascinant a bousculé les bien-pensants.
Parole vive, entrainante, pensée profonde, oeil brillant, il s'est fait beaucoup d'ennemis dans le monde médiatique en prenant à contre-pied ses "inquisiteurs".
Et une haine farouche d'une bonne partie du clergé, évêques et prêtres, du "petit personnel de l'Eglise" (Julien Green).
Les têtes de Duhamel dans plusieurs débats, de Bergé (le petit) chez Pivot, de Bilalian au soir des JMJ quand Lustiger s'empara pendant 20 minutes du JT après l'avoir déstabilisé d'un: "mais Monsieur Bilalian, vous êtes un obsédé sexuel" (le préservatif toujours!); et tant d'autres moments qui furent des petits bonheurs jouissifs!
Pulvérisant les gens bornés en trois mots, qu'ils fussent chrétiens ou pas, il fut un homme d'écoute et de respect dans le dialogue dès lors que le questionnement était sincère et vrai.
Intransigeant avec les chrétiens qui n'étaient pas à leur devoir de chrétiens, il déployait toute l'ampleur de son intelligence pour écouter, dialoguer, accueillir ceux qui sont loin.
Homme des frontières, il savait aller au coeur des enjeux de l'actualité, y compris dans les domaines que l'Eglise n'abordait qu'avec timidité, ou que les microcosmes intellectuels lui interdisaient d'aborder.
Philosophe avant d'être théologien, il osa poser un droit d'inventaire sur l'histoire de France, les "Lumières", leurs répercussions dans l'histoire moderne et contemporaine. Les simplistes ne le lui pardonnèrent pas. Ceux qui comprirent furent ses grands amis Bredin et Baroin (le père!) pourtant tous deux maçons, et ceux qui, comme lui, cherchèrent à comprendre le pourquoi de l'innommable 20ème siècle.
Il ne parvint pas à détruire les malentendus de l'Eglise avec les personnes homosexuelles, parcequ'il se trouvait face à un puissant lobbying anti-catholique pour lequel le dialogue, la vérité, le respect du point de vue de l'autre ne constituent pas le souci premier. Que de conneries (un de ses mots préférés) ont pu être dites de chaque côté qui ont rendu la parole innaudible: il y eut, (etil y a encore) ceux qui brouillèrent le message, et ceux qui ne voulurent pas l'entendre.
Refusant de se soumettre aux injonctions des groupes de pression, sa parole fut celle de celui qui crie dans le désert. Ceux qui étaient à l'écoute ont entendu et compris.
Des imposteurs reprirent même sa parole pour gagner un brin de notoriété.
En France on accorde davantage de crédit à un chrétien qui parle contre son Eglise, qu'à un esprit libre qui parle pour elle, même si l'un répète l'autre.
Hier soir, l'Académie Française s'est rendue à son chevet pour lui dire pour certains "au revoir", pour d'autres "adieu". Merci à Jean-Denis Bredin pour ce geste du Grand Siècle. Quelle allure!
Et à vous, Lulu, comme les parisiens aiment à vous appeler, que votre grand Ami vous dise maintenant: "entre dans la joie de ton maître".
Je vous sais impatient de revoir le visage de celle qui vous a tant manqué. Avec ses frères et soeurs des wagons plombés, elle vous attend!
Bonne Pâque!
28/02/2007usque quo abutere ... ?"Jusques à quand..."?
Jusques à quand abuseront-ils de notre patience?
Hier nous reçûmes la bonne nouvelle attendue depuis 2000 ans. Cette bonne nouvelle nous fut portée par un ange à l'autorité puissante, incontestable: celle d'un cinéaste d'hollywood.
Les barbares ont leurs savants. La science de ces savants est puissante.
Et leur magistère est frappé du sceau absolu de la seule science qui fasse autorité dans le monde médiatique: "je suis riche, je suis influent, donc je sais".
A chacun son cogito.
Que nous a donc appris cet ange yankee?
Jésus était marié avec Marie-Madeleine. Judas était leur fils. Ils furent enterrés dans la même sépulture.
Coup de tonnerre médiatique!
Révélation!
Révolution!
Clé de l'histoire!
Voilà l'humanité enfin libérée de 2000 ans de tyrannie intellectuelle et d'obscurantisme catholique.
Jésus n'était donc ni vrai Dieu ni vrai homme, comme des manipulateurs tordus ont voulu nous le donner à croire.
Quelle puissance que celle de ce savant hollywodien!
Le voilà qui libère Prométhée.
Voilà le noeud gordien tranché!
Ni plus ni moins. Bravo!
Ni Nietzche, ni Hegel, ni Pascal, ni Bergson, ni Augustin, ni Thomas d'Aquin, ni Levinas, ni Girard, ni Weil, ni tant d'autres penseurs n'avaient vu venir le coup!
Esprits déficients et bornés!
Comment ont-ils pu ignorer ainsi?
Esprits faibles!
Leurs objections, leur foi, leurs interrogations, leurs efforts de pensée, les voilà balayées en un tournemain.
La lumière a enfin jailli au coeur des ténèbres de l'esprit.
Merveilleuse découverte que celle de ce savant!
Mais, je dois vous le dire, ... cet ange ne vous a pas tout dit.
Il a voulu vous cacher des secrets redoutables enfermés dans les armoires du Vatican.
Moi, archange, je vais vous dire toute la vérité, l'essentiel qui rendra à l'homme toute sa liberté.
Je peux, moi, l'archange plus savant que l'ange, plus proche encore du mystère, vous annoncer le menu du repas de noces. Oui! Rien que cela. Le menu. Rien moins.
Je vois la petite lumière qui illumine vos regards briller encore plus vivement!
-"Est-ce possible?", vous demandez-vous?
"Peut-on mieux faire qu'à hollywood?"
"Peux-tu le faire?"
-"Je peux le faire!"
-"Vraiment?"
-"Mais oui!"
-"Est-ce possible?"
-"Voilà!"
-"J'en tremble!"
-"Retenez votre souffle, je vais parler. Je vais vous rendre libres!"
-"Nous n'y tenons plus! Vite!"
-"Saumon fumé - Crottin-chaud/salade verte - Asperges/sauce hollandaise - Roti de veau/haricots beurre - Reblochon - pièce montée."
-"????"
-"Et un petit coup de Sancerre"
-"???"
-"Prouvez-moi le contraire."
Mon ami Yvan AUDOUARD, merveilleux esprit libre, longtemps chroniqueur au "Canard", avait eu ce pressentiment:
"plus il y a de savants, plus il y a de cons; moins il y a de croyants, plus il y a de gens crédules".
Il y a longtemps que j'avais débranché la télévision. Il va maintenant falloir éteindre la radio.
Je resterai avec Crespin, Monteverdi, Balthasar, Py, Claudel, Bach, Carissimi, Corneille, Bossuet, Montherlant, Cocteau, Kandinsky... et tous les enchainés de l'esprit.
Nous avons été délivrés du mal...mais pas des cons.
Seigneur! Où es-Tu?
archeo...Je commence aujourd'hui ce diaire sans savoir où il ira. Peut-être ne sera-t-il que le propos d'un jour.
Je ne prétends pas avoir à raconter "Dieu, sa vie, son oeuvre", encore moins à me raconter. Mais ce matin j'éprouve le désir d'écrire deux ou trois bricoles.
Quelques idées donc...quand j'en aurai! Un peu d'érotisme peut-être un jour. Quelques photos lorsque je saurai utiliser les ressources infinies de Mr MacBookPro.
Voilà donc. A suivre, ou plus précisément, à venir...  |
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